Le casque du salut (Ephésiens 6) - 4/6

Le combat spirituel
Parce que de nombreux chrétiens se retrouvent aujourd’hui dans des combats dont il ne comprennent pas toujours les enjeux, il nous a semblé urgent de revisiter le sixième chapitre de l’épître de Paul aux Ephésiens.
Que Dieu permette au lecteur de saisir la nature de certaines batailles de la vie, afin d’être témoins des délivrances auxquelles le Seigneur nous appelle, et de quitter un christianisme de confort pour entrer dans la paix d’un christianisme de combat.

Textes bibliques à lire
Ephésiens 6:10-18
1 Thessaloniciens 5

« Comment faire pour être sauvé ? »
Voici la question qui va hanter des générations depuis Abraham jusqu’en 1950 ici. Pourquoi 1950 ? Parce que finalement, depuis l’essor économique de l’Occident, la sécurité matérielle nous a fait penser que nous étions enfin à l’abri de tout danger. La guerre était derrière, les barbaries étaient du passé et le monde, lucide, pourrait les contenir dans l’Histoire pour ne plus les laisser surgir dans le présent.
C’est pour cela que la question : « Comment faire pour être sauvé ? » a perdu sa pertinence apparemment dans nos esprits d’occidentaux contemporains. Car de quoi aurions-nous besoin d’être sauvés ? Carrefour, Auchan, et Leader Price nous ont sauvé de la famine.
Interphone, digicode et alarmes nous ont sauvé de l’insécurité.
Bayer, Boiron et Novartis nous ont sauvé de la maladie.
Disney, Sony et TF1 nous ont sauvé de l’ennui — enfin, presque sauvé…
Je vous le demande, de quoi aurions-nous encore besoin d’être sauvés ? Telle est bien la question qui renvoie le salut au loin.

Pour vouloir être sauvé il faut d’abord avoir la conviction qu’on est menacé, qu’on est perdu. Et le sentiment d’être perdu, d’être en danger, est justement celui sur lequel notre société a beaucoup travaillé afin de nous donner des sécurités symboliques et réelles qui soient tout à fait remarquables et dont nous ne pouvons que nous réjouir. Jamais la vie n’a été aussi tranquille, et je le proclame, même dans cette période où les voitures brûlent. Loin de moi l’idée terrifiante qui consiste à dire ce que certains esprits grincheux proclament parfois : « Il nous faudrait une bonne guerre, et tout redémarrerait ». C’est effrayant de dire cela car c’est faux à tous les plans, même au niveau économique. Nous n’avons pas à nous mettre à souhaiter que nos contemporains éprouvent plus de difficulté, afin que cela aiguise leur appétit pour un recherche de salut. Ce serait vraiment scandaleux.
Pourtant, ce que les sociologues appellent le « retour du religieux », semble bien coïncider avec une crise de la représentation en Occident. Les sécurités offertes par les grandes firmes citées il y a quelques instants, ne suffisent pas à nous garantir la paix de l’âme. On aurait pu s’en douter, mais bon, mieux vaut le découvrir tard que jamais. Alors les gens partent en quête de paradis artificiels où la douleur ne serait plus, où la mort serait bonne et douce, où tout serait bien organisé pour que nous attendions la fin.
Le centre de la foi chrétienne tourne précisément autour de cette question du salut. Jésus est venu pour nous sauver. Le Christ est venu pour nous sauver de la mort, de la maladie, du péché, de la peur, il est venu pour nous sauver de nous-mêmes, de notre propre égocentrisme.
Car toutes ces réalités sont des menaces pour nous. Qu’il est difficile pour nous de comprendre que le but d’une vie n’est pas la réussite économique, mais le fait de vivre en harmonie avec Dieu. Nous avons du mal à comprendre que l’obéissance à la volonté de Dieu soit une préoccupation bien plus essentielle que la recherche de sécurité, la recherche d’un conjoint, la recherche d’un travail, et la recherche d’un logement ! Je ne dis pas que ces recherches ne sont pas fondamentales pour nous, mais, comme le dit l’Ecriture, « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et toutes choses vous seront données de surcroît » (Matt 6:33). Comment arriver à comprendre que la recherche de la communion avec Dieu produit une vraie sécurité qui permet de résoudre les autres problématiques et de guérir la béance de nos angoisses ? Comment comprendre que c’est plus prioritaire que toutes ces priorités trompeuses que nous plaçons en tête de nos listes de préoccupations ?
C’est cette union avec Dieu, cette communication rétablie par le Christ qui nous permet d’être sains et saufs, d’être dans la paix d’un Royaume dont nous sommes faits citoyens par celui qui en est le roi.

A la question : « Êtes-vous sauvés ? », la réponse de la foi, c’est : « Oui, bien sûr ». Bien sûr que je suis sauvé ! et ce n’est pas fanfaronner que de se réjouir d’être sauvé. Car cela ne dépend pas de nous, c’est le Christ qui est venu accomplir cette œuvre. La sécurité que le Seigneur apporte dans une vie se situe justement dans cette paisible assurance que Dieu nous a sauvés de tous les tourments qui nous oppressent. Je veux rappeler ici que si vous avez encore un doute sur le fait que vous soyez sauvé, c’est que vous êtes encore en route vers l’identité chrétienne. Le chrétien sait que le Christ l’a sauvé, c’est le centre de la foi de Jésus. Si vous pensez que votre salut n’est pas encore assuré, cela veut dire que vous croyez que la venue de Jésus n’a pas été efficace pour nous rétablir dans la communion avec Dieu. Ou alors, peut-être croyez-vous que vous auriez des choses à accomplir pour pouvoir être sauvé ? Qu’il y aurait des actions à faire ? Des œuvres bonnes ? « Mais c’est par grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Eph 2:8) ! Si vous croyez que vous avez des actions à accomplir pour pouvoir être dans la paix du salut, c’est que vous vous placez en décalage par rapport à toute l’œuvre pour laquelle, précisément, le Seigneur est venu. Il ne peut y avoir de tourment en la matière, c’est, qui plus est, une des redécouvertes fondamentales de la Réforme. Le salut n’est pas à accomplir, il n’est pas devant nous, il n’est pas à faire ou à bâtir, mais il est derrière nous, déjà là, soldé, réglé, assuré, par le Christ, à la croix et au tombeau vide.

Et c’est dans ce sens que l’apôtre Paul décrit l’assurance du salut comme le casque qui nous sert d’arme pour le combat de la foi. Car il y a bien des questions, des batailles, dans l’existence, mais elles ne se concentrent pas sur la question du salut, dont le Christ se charge. Les questions et les batailles se concentrent sur les combats spirituels que nous avons à mener. Mais le salut, c’est quelque chose d’assuré et qui a pour fonction d’être la protection de notre tête, notre couvre-chef, notre casque. L’assurance du salut, c’est ce qui protège tous nos centres neuronaux, c’est ce qui protège l’ordinateur central de notre personne. L’assurance qu’on est en sécurité auprès de Dieu, c’est ce qui protège l’essentiel de notre personne. C’est capital.
Sur le chantier de la vie… casque du salut
A vélo dans Paris… casque du salut
Alors n’oubliez pas, pour survivre au fil des jours, port du casque obligatoire…

Amen

© Gilles Boucomont pour Eglise réformée du Marais : http://Temple.duMarais.fr

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