Noël, les courses (3/4) : A vos marques

Noël, course en Avent
Partez !

La Bible : Premier testament - Jonas 1:1-3
Un jour, le Seigneur adresse cet ordre à Jonas, le fils d’Amittaï :
« Debout, va à Ninive, la grande ville.
Tu menaceras ses habitants en disant :
‘Le Seigneur en a assez de voir vos actions mauvaises.’ »
Jonas se met en route, mais pour fuir à Tarsis, loin du Seigneur.
Il arrive à Jaffa. Là, il trouve un bateau qui part pour Tarsis. Il paie son voyage.
Puis il monte dans le bateau, pour aller avec les marins à Tarsis, loin du Seigneur.

La Bible : Premier testament - Esaïe 35
Désert et terre sèche, soyez dans la joie ! Région sans eau, réjouis-toi et fleuris !
Couvre-toi de fleurs des champs. Réjouis-toi, réjouis-toi et crie de joie!
Le Seigneur te rendra magnifique comme les montagnes du Liban,
il te donnera la beauté du mont Carmel et des plaines du Saron.
Alors tout le monde verra la gloire du Seigneur, la beauté de notre Dieu.
Redonnez de la force aux bras fatigués, rendez plus solides les genoux tremblants.
Dites à ceux qui perdent courage :
« Soyez forts ! N’ayez pas peur ! Voici votre Dieu.
Il vient vous venger et rendre à vos ennemis le mal qu’ils vous ont fait,
il vient lui-même vous sauver. »
Alors les yeux des aveugles verront clair, les oreilles des sourds entendront.
Les boiteux bondiront comme des gazelles,
et la bouche des muets s’ouvrira pour exprimer leur joie.
De l’eau jaillira dans le désert, des fleuves couleront dans la terre sèche.
Le sable brûlant se changera en lac, la terre de la soif deviendra une région de sources.
À l’endroit où les chacals habitaient, le roseau et le papyrus pousseront.
Il y aura là une route qu’on appellera « le chemin de Dieu ».
Aucune personne impure n’y passera, il sera réservé au peuple du Seigneur.
Les gens stupides ne viendront pas s’y perdre.
On n’y rencontrera pas de lion, pas de bête sauvage, aucune ne viendra là.
Seuls ceux que le Seigneur aura libérés prendront cette route.
Ceux que le Seigneur aura délivrés reviendront. Ils arriveront à Sion en criant de joie.
Un bonheur sans fin éclairera leur visage, une joie débordante les accompagnera,
souffrance et plaintes disparaîtront.

Prédication :

[Ce culte était un culte adultes-enfants à l’occasion de l’approche de Noël et regroupait les enfants de l’école biblique pour une synthèse de leur trimestre d’étude du livre de Jonas — Le pasteur s’adresse aux enfants]

Le matin, les parents vous réveillent pour vous dire qu’il est l’heure de se préparer car il faut partir à l’école.
Jonas, réveille-toi, c’est l’heure de partir.

Jonas est un petit prophète qui a beaucoup à apprendre, d’autant plus qu’il est à l’école de Dieu. Son maître à lui est Dieu lui-même et cette fois-ci Dieu a décidé de lui apprendre une chose toute nouvelle pour lui : prendre des responsabilités. Mais pour « prendre des responsabilités », il faut toujours, d’une façon ou d’une autre, partir.

Il faut quitter la proximité du maître, même si on est rassuré par sa présence.
Il faut se préparer à rencontrer des choses que n’on ne connaît pas.
Il faut un jour quitter les jupes de sa mère.
« Tu partiras de chez ton père et ta mère » dit la bible à plusieurs reprises.
Finalement, prendre des responsabilités, devenir « un grand », c’est partir.

Devenir adulte,
c’est partir

Vous avez peut-être déjà entendu des parents se réjouir en disant : « Ouf, il est parti, elle est sortie de son âge bêbête ; il en a fini de sa période ingrate ».
Il faut toujours, pour grandir, dans la vie, quitter quelque chose pour atteindre autre chose.
Ce qui définit un petit, c’est qu’il n’est pas encore capable de partir. Un petit bébé n’est pas capable de quitter son berceau. Un petit enfant n’est pas encore en âge de quitter sa mère. Un enfant n’est pas en âge de partir de la maison de ses parents.
On devient grand quand on part.

Mais la difficulté, c’est que, beaucoup de gens qui ont réalisé qu’on devient grand quand on part oublient d’écouter la suite.
On devient grand quand on part, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut partir à tout prix, ou partir n’importe où. Ce n’est pas être vraiment adulte que de partir simplement pour le plaisir de partir, de quitter, à n’importe quel moment, selon ses caprices.

Ce que nous apprennent beaucoup d’histoires de la bible, dont celle de Jonas, c’est que ce n’est pas facile de partir.
Si on n’en fait qu’à sa tête, partir nous conduit à l’échec.
Si on veut bien écouter la voix de Dieu et ses conseils, partir est une formidable expérience.

Jonas, réveille-toi, il est l’heure de partir, dit Dieu.
Et Dieu demande quelque chose de pas agréable à Jonas. Il lui demande de porter un message de condamnation à la ville de Ninive. Bien sûr, Jonas a peur car il se dit qu’il est bien content là où il est, et qu’il ne va pas aller se faire casser la figure à Ninive simplement parce que ça fait plaisir à Dieu. Imaginez, quitter sa maison pour aller très loin dire à des gens qu’on ne connaît même pas qu’ils font vraiment n’importe quoi ?
Et pourtant c’est bien le projet de Dieu.
Est-ce que Jonas veut être fidèle ou ne le veut-il pas ?
On dit dans un proverbe français que partir c’est mourir un peu. Pour Jonas c’était vrai car son aventure l’a conduit dans une petite mort, alors qu’il était dans le ventre du gros poisson… Il n’était plus comme vraiment comme nous. Sa vie ne tenait plus qu’à un fil. Et tout ça parce qu’il a bien accepté de partir, mais juste de l’autre côté de là où Dieu lui avait dit de partir !

C’est exactement comme si, sur un stade, dix personnes se préparaient pour une course « à vos marques, prêts, partez » et là tout le monde s’élance, mais, mais, que se passe-t-il, il n’y en a que neuf sur les dix qui ont démarré ? Non, non, regardez, là de l’autre côté, il y en a un qui court à l’envers, dans l’autre sens !
Ce serait vraiment très étonnant, et la personne qui court dans l’autre sens serait sifflée par le stade entier. Tout le monde se moquerait d’elle.

Eh bien Jonas est exactement dans cette situation, il court à l’envers de la course à laquelle il doit participer. Il doit aller à l’est et il court à l’ouest.
On en rigole dans l’image du stade, mais si on regarde comment nous vivons, nous sommes très souvent comme ce coureur distrait, qui part dans le mauvais sens. Pourtant Dieu nous a donné une direction bien lisible, bien compréhensible.
Il nous dit : « La bonne direction, c’est d’aimer les autres ». Et nous, dès qu’on a reçu la consigne, qu’est-ce qu’on fait ? On se moque, on critique, on éprouve de la haine ou de l’amertume…
Dieu nous dit : « La bonne direction, c’est d’écouter mes conseils avant de se lancer ». Et nous, nous entendons « Grandir, c’est partir », alors on fait n’importe quoi, on suit le premier venu et on s’expose à de grandes déceptions.

Alors oui, il faut partir, c’est un conseil de Dieu. Mais il ne faut pas partir là où nous l’avons décidé, mais vers là où Dieu nous propose d’aller. Finalement Jonas va y arriver, à Ninive, et ça se passera plutôt bien, même s’il est un peu vexé.
Il y a beaucoup de gens qui sont comme lui. Ils passent les soixante premières années de leur vie à penser « Je suis le maître de ma vie, je sais ce qui est bon pour moi, je me fraye mon chemin selon mes désirs, car je suis l’auteur et l’acteur de mon existence ». Et puis au bout de soixante ans, ils s’aperçoivent que le conseil qui leur a été donné alors qu’ils avaient sept ans, le conseil d’écouter un peu plus les projets de Dieu, c’était un bon conseil.
C’est pour ça souvent que dans les Eglises il y a des gens très jeunes et des gens très vieux. Vous savez où son les autres ? Ils sont en train de courir vers Tarsis, ils sont en train de faire du bateau dans les tempêtes de la vie. Et il y a en a même qui sont dans une déprime totale dans le gros poisson de la déception.

Oui Jonas, il faut partir. Comme Abraham qui a du quitter à 72 ans le pays où il avait toujours habité. Comme Moïse qui était esclave en Egypte, il faut partir. Comme Paul qui veut annoncer cette bonne nouvelle au monde entier, il faut partir. Car partir, c’est mourir un peu si on n’en fait qu’à sa tête, mais… partir, c’est vivre beaucoup si on place ses pas là où Dieu nous conseille d’aller.

En Christ, partir,
c’est vivre beaucoup

Jonas, il faut partir, et ne pas se tromper de direction, ne pas courir dans le mauvais sens.
Joseph et Marie, vous aussi, il vous faut partir car on vous attend là-bas, très loin, dans une modeste étable, pour vous faire recenser, mais aussi pour que la parole des prophètes s’accomplisse, cette parole qui assurait que le Sauveur naîtrait dans la petite ville de Bethléem.
Et vous les bergers, il faut partir aussi de vos pâturages car le Messie naît à quelques kilomètres de là. Il vous faut partir pour entrer dans votre destinée profonde et dans le projet que le Seigneur a pour vous.
Et vous aussi, les mages, il vous faut partir. Quitter l’orient qui fascine, quitter Jérusalem et la fréquentation des rois de ce monde, partir vers un lieu que vous ne comprenez pas et qui n’est visible que par une étoile.

A vos marques, prêts ? Accrochez votre destinée à une étoile et… partez.

Amen

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